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 Prix Benjamin Delessert
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Le Prix Benjamin Delessert 2011 a été décerné à Marie-Aline Charles, Directrice de l’équipe « Epidémiologie de l’obésité, du diabète et des maladies rénales : approche vie entière » Centre de Recherche en Epidémiologie et Santé des Populations, Inserm Unité 1018, Villejuif.. Ce prix lui a été remis, lors de la 51ème JAND, le Vendredi 28 Janvier 2011 au CNIT. A cette occasion, Marie-Aline Charles a fait une lecture intitulée : "Obésité : que nous dit l’épidémiologie ?".

 

Les précédents lauréats ont été :

2010 Pierre COMBRIS (Sociologie, Paris)
2009 André GRIMALDI (Diabètologie - Paris)
2008 Jean-Paul LAPLACE (Nutrition - Paris)
2007 Ambroise MARTIN (Nutrition et biochimie - Lyon)
2006 Michelle LE BARZIC (Psychologie clinique - Paris)
2005 Xavier LEVERVE (Homéostasie énergétique, Grenoble)
2004 Marie-Françoise ROLLAND-CACHERA (Nutrition et Obésité, Paris)
2003 Martine LAVILLE (Endocrinologie, diabétologie, nutrition, Lyon)
2002 Gérard PASCAL (Nutrition Humaine et Sécurité des Aliments, Paris)
2001 France BELLISLE (Comportement alimentaire, Paris)
2000 Pierre LOUISOT (Biochimie générale et médicale, Lyon)
1999 Axel KAHN (Physiologie et pathologie génétiques et moléculaires, Paris)
1998 Anne-Marie DARTOIS (Diététique, Paris)
1997 Matty CHIVA (Psychologie de l'Enfant, Paris)
1995 Jean-Jacques BERNIER (Gastroentérologie, Paris)
1994 Pierre DUCIMETIERE (Epidémiologie, Paris)
1993 Claude BOUCHARD (Génétique des Populations, Laval/Québec)
1992 Philippe JEAMMET (Psychiatrie, Paris)
1991 Gérard AILHAUD (Biochimie, Nice)
1990 Claude FISCHLER (Sociologie, Paris)
1989 Robert FRANK (Odontologie, Strasbourg)
1988 Noël MEI (Neurobiologie, Marseille)

 

 

 


Derniers lauréats :

Marie-Alines CHARLES : Obésité : que nous dit l’épidémiologie ?

Dans la plupart des pays développés comme en voie de développement, les dernières décennies du 20ième siècle ont été le témoin d’une augmentation régulière de la prévalence de l’obésité. Les derniers chiffres en provenance des Etats-Unis apportent la première note discordante avec un net ralentissement depuis les années 2000. Chez l’enfant également, une augmentation rapide du surpoids et de l’obésité a été documentée dans de nombreux pays jusqu’aux années 2000. Dans ce contexte général, de récentes publications montrant comme en France, en Suisse, en Angleterre, aux Etats-Unis une stabilisation de la prévalence du surpoids et de l’obésité prennent une importance particulière. Les évolutions observées dans les pays en voie de développement montrent clairement un parallèle entre le développement économique, l’urbanisation et l’augmentation de la prévalence de l’obésité. Dans les pays développés comme la France où le recul de la pauvreté et l’urbanisation sont des phénomènes beaucoup plus anciens, un fait marquant de l’épidémie d’obésité observée à partir des années 1990 chez l’adulte a été son caractère diffus dans la population. L’amélioration très générale des conditions de vie de l’après-guerre dans lesquelles les générations nées à partir des années 1960 ont vécu toute leur enfance explique probablement en partie ce caractère très diffus. La mise en évidence d’une progression rapide de la prévalence de l’obésité chez les enfants impactant ultérieurement celle de l’adulte s’est faite en parallèle avec le développement d’une nouvelle approche de la physiopathologie des maladies chroniques de l’adulte à laquelle la recherche en épidémiologie a largement contribué,   mettant en lumière leurs origines développementales. Des périodes critiques au cours du développement affectant le risque d’obésité tout au long de la vie ont ainsi était identifiées telles que la période prénatale, les six premiers mois de vie, la période du rebond d’adiposité à partir de 3 ans. L’obésité parentale est un des facteurs en cause à chacune de ces périodes. Elle peut s’expliquer par l’effet d’un environnement de plus en plus favorisant, facilitateur de l’expression d’une prédisposition génétique transmise entre parents et enfants mais d’autres facteurs de nature culturelle et épigénétique, tout particulièrement très tôt dans la vie, peuvent aussi intervenir dans cette transmission transgénérationnelle de l’obésité. Le ralentissement ou l’arrêt de la progression de la prévalence de l’obésité qui semble s’amorcer dans un certain nombre de pays développés tout particulièrement chez les enfants semble annoncer que certains des facteurs affectant cette susceptibilité précoce ont été récemment modifiés.

 

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