Prix Projets de recherche Utilisation des nanovésicules extracellulaires de jus de fruits pour restaurer l'homéostasie glucidique

Année 2016
Auteur Sophie ROME
Centre de recherche Unité 1060 INSERM CarMen/ Univ.Lyon1 / INRA 1235, Faculté de Médecine LYON SUD
Thème Diabète
Type Projets de recherche

Contenu

En plus des signaux bien connus, les cellules peuvent aussi s’échanger de l’information empactée dans des nanovésicules extracellulaires (NVE). Ces vésicules contiennent différents types d’ARNs, des protéines de signalisation, des facteurs de croissance ainsi que des lipides bioactifs. Leur contenu est modifié en fonction de l’état physiologique de la cellule sécrétrice et les cellules receveuses intègrent ces signaux complexes en modifiant l’expression de leur génome. Il a récemment été mis en évidence que cette communication « virus-like » était aussi utilisée par les bactéries du système digestif, les parasites, les virus et les plantes et pourrait participer à l’échange d’informations entre espèces. Deux études très récentes, sur des modèles animaux, indiquent que les NVE contenues dans les jus de fruits ont des propriétés anticancéreuses, et peuvent stimuler les cellules souches de l’intestin, participant ainsi à son remodelage au cours d’atteintes de la barrière intestinale (inflammation). Dans le domaine de la nutrition et des maladies métaboliques, les jus de fruits riches en polyphénols sont reconnus pour leurs propriétés antioxydantes et antiplaquettaires luttant contre l’apparition de l’athérosclérose, l’hypertension et des maladies digestives. Chez les sujets souffrant d’obésité, l’ingestion de jus d’orange, en plus de leur régime alimentaire classique, permet de réduire l’inflammation associée à l’absorption de régimes riches en graisse. Cependant, l’absorption des jus de fruit est matière à controverse, due à leur haute teneur en sucre combinée à la difficulté de maintenir leurs teneurs en vitamines/antioxydants durant la fabrication. En utilisant le modèle de souris DIO (diet-induced-obesity), cette équipe veut déterminer si l’ingestion de NVE au cours du développement de l’obésité peut diminuer le stress oxydant et l’inflammation associée à cette pathologie, et restaurer l’homéostasie glucidique. Cette étude servira de preuve de concept afin d’envisager une transposition chez l’homme.

Objectifs

Au cours de ce projet, les chercheurs veulent déterminer si les nanovésicules extracellulaires (NVE) extraites de jus d’oranges ont des propriétés similaires et/ou complémentaires au jus d’orange complet, sur la sensibilité à l’insuline et l’homéostasie glucidique, en combinant des modèles in vitro et in vivo (modèle animal d’insulino-résistance induite par l’alimentation), bien maîtrisés au laboratoire.

Etapes successives et avancement des travaux

Résultats attendus et perspectives

Les Français achètent en moyenne 800 millions de litres de jus d’orange par an, ce qui représente 48% des jus de fruits vendus, tous circuits confondus. Près d’1 jus vendu sur deux est un jus d’orange. Les effets « santé » du jus d’orange reposent sur ses teneurs élevées en anti-oxydants, reconnus pour ralentir la progression de certains cancers, diminuer le risque de maladies cardiovasculaires et pour leurs propriétés anti-inflammatoires. En parallèle, la consommation de jus d’orange est décriée pour son apport non négligeable en sucre. En plus de ces antioxydants, les jus de fruits contiennent des NVE dont les propriétés pourraient s’avérées être toute aussi intéressantes que les vitamines/antioxydants. La préparation de compléments alimentaires enrichis en NVE, pourrait être un débouché intéressant dans le domaine de la nutrition, chez des patients à glycémie perturbée, en complément de l’utilisation de traitements pharmaceutiques. Ainsi, dans le domaine de la cancérologie un brevet a été déposé sur l’utilisation des NVE du jus de citron en complément alimentaire de traitements par chimiothérapie.