Prix Projets de recherche Profils d’expressions géniques en réponse aux modifications de l’alimentation dans l’obésité.

Année 2002
Auteur Karine Clement
Centre de recherche INSERM « Avenir » EA3502 - Université PARIS VI devenue UMRS INSERM U755 (Responsable du laboratoire : Pr. Arnaud BASDEVANT/ Pr. Karine CLEMENT)
Thème Obésité
Type Projets de recherche

Etat de la question

L’obésité est considérée comme un défaut complexe d’adaptation de l’organisme aux modifications de l’alimentation et/ou de l’activité. Différentes approches (études de modèles monogéniques, d’animaux transgéniques, criblage du génome dans l’obésité familiale, étude des gênes de susceptibilité dans l’obésité commune,…) cherchent à caractériser les mécanismes moléculaires en cause. Il existe cependant peu d’études moléculaires sur les interactions avec les changements dans l’alimentation.

But du travail / hypothèse / objectif

Des variations quanti- ou qualitatives de l’alimentation, à l’origine de modifications des signaux d’adiposité, seraient associées à des changement notables dans les familles de transcrits exprimés dans les tissus périphériques de l’organisme, notamment le tissu adipeux.

Résultats attendus / obtenus et valorisation

Grâce à l’analyse de l’expression de gènes multiples et de leurs fonctions réagissant à différentes conditions nutritionnelles (suralimentation ou restriction calorique modérée, avec modulation de la teneur en lipides et en glucides), il a été procédé à l’identification des familles de gènes concernées, regroupées ensuite selonle degré de similarité de leur expression lors de ces différentes situations nutritionnelles. Etudes chez l’Homme et l’animal.

Etapes successives et avancement des travaux

Travaux orientés dans 3 directions :

  • Etude sur un échantillon de femmes obèses ayant montré qu’une perte de poids modérée (6-7kg) modifie, au niveau du tissu adipeux sous-cutané, le profil d’expression des gènes liés à l’inflammation et l’immunité. Résultats allant dans le sens d’une amélioration de l’état inflammatoire « chronique » de ce tissu.
  • Recherches sur l’adiponutrine (protéine de découverte récente, de rôle encore inconnu exprimée par l’adipocyte) ayant permis de confirmer sa présence chez l’homme et de montrer une variation de l’expression du gène de cette protéine en situation de restriction calorique courte (48h) ou plus longue (un mois)
  • Etude de la réponse génique du tissu adipeux en situation de restriction calorique et lors d’interventions nutritionnelles sur les teneurs en glucides/lipides. Les résultats préliminaires confirment un impact plus important de la réduction calorique que d’une variation du ratio glucides/lipides sur le profil d’expression génique du tissu adipeux

Conclusions et perspectives

Les résultats de ces travaux peuvent être envisagés sous un angle pratique dans la mesure où ils montrent qu’une perte de poids même modeste chez des sujets obèses (6-7kg) peut améliorer le profil «proinflammatoire» de ces patients et le ramener dans des limites proches de celui de sujets non obèses. Par ailleurs cette perte de poids correspond, pour ces sujets, à une réduction des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de diabète.

Publications

Poitou C, Coussieu C, Rouault C, et al. Serum amyloid A : a marker of adiposity-induced low-grade inflammation but not of metabolic status. Obesity. 2006; 14(2): 309-318.
Clément K, Viguerie N, Poitou C, et al. Weight loss regulates inflammation-related genes in white adipose tissue of obese subjects. FASEB J. 2004; 18: 1657-1669.
Liu YM, Moldes M, Bastard JP, et al. Adiponutrin: a new gene regulated by energy balance in human adipose tissue. J Clin Endocrinol Metab. 2004; 89: 2684-2689.