Prix Jean Trémolières Les constructions sociales de l’exotisme – Comparaison France / Allemagne

Année 2002
Auteur Faustine Régnier
Centre de recherche Institut d’Etudes Politiques de Paris – Observatoire sociologique du changement
Thème Sociologie, pratiques alimentaires
Type Jean Trémolières

Type de document

Thèse pour le Doctorat de Sociologie

Responsable de Thèse

Nicolas Herpin

 

L’exotisme alimentaire se situe au cœur des questions d’identité et d’altérité. En nous fondant sur l’analyse d’un corpus de 9.758 recettes de cuisine exotiques issues de la presse féminine française et allemande entre les années 1930 et 1999, nous analyserons les représentations de l’Autre exotique, défini par ses pratiques alimentaires : l’exotisme alimentaire est une manière de concevoir un Autre suffisamment semblable pour être consommé et en même temps suffisamment différent pour être séduisant. Dans l’exotisme alimentaire en effet, on assiste à la recherche d’une forme de proximité et de familiarité, nécessaire à l’incorporation de pratiques culinaires étrangères, ce qui renvoie à une attitude universaliste, première forme élémentaire de la relation à l’Autre. Mais l’exotisme fait également intervenir la séduction d’une différence que l’on recherche et que l’on reconnaît. Elle renvoie à la seconde forme de l’altérité, l’attitude différentialiste et nous en présentons les principaux traits. Dans l’exotisme alimentaire, on observe ainsi une tension permanente entre proximité et distance, entre ressemblance et différence, entre reconnaissance et négation des spécificités de l’Autre. Dès lors l’exotisme alimentaire, en apparence limité dans sa portée, engage vers la dialectique du proche et du lointain, du même et du différent.