Prix Projets de recherche Effet du stress psychologique sur la réponse métabolique à une charge de glucose. Modulation par les oméga 3 marins.

Année 2005
Auteur Jacques Delarue
Centre de recherche Laboratoire d’accueil : Laboratoire Régional de Nutrition Humaine - CHU Cavale Blanche BREST (Responsable du laboratoire : Pr. Jacques DELARUE)
Thème Métabolisme
Type Projets de recherche

Etat de la question

Nombre d’arguments physiopathologiques et épidémiologiques plaident en faveur d’un rôle important du stress psychologique dans le développement du syndrome métabolique (SM), du diabète de type 2 et du risque cardiovasculaire. La mise en jeu de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien avec élévation chronique des catécholamines et du cortisol favorisent l’insulinorésistance, la redistribution viscérale des graisses, l’HTA et la vasoconstriction artérielle, expliquant le risque accru de SM et d’événements cardiovasculaires. L’effet du stress sur le métabolisme glucido-lipidique au cours d’un repas glucidique on d’une charge orale de glucose, n’a pas été étudié. Les effets bénéfiques de l’huile de poisson sur la réponse cortisolique et sympathique au stress, sont d’un intérêt potentiel pour la prévention de l’insulinorésistance, de l’HTA et du risque cardiovasculaire.

But du travail / hypothèse / objectif

Etude de l’effet d’un stress psychologique aigu sur le métabolisme glucido-lipidique au cours d’une charge orale de glucose, ainsi que la modulation de cet effet par la supplémentation préalable par de l’huile de poisson (1,8g EPA + DHA pendant 3 semaines).

Résultats attendus / obtenus et valorisation

Effet du stress : moindre inhibition de la lipolyse et de l’oxydation lipidique, augmentation de l’utilisation du glucose plasmatique, moindre inhibition de la production endogène de glucose, élévation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque au cours de l’HGPO. Après huile de poisson, prévention, au moins partielle, des effets du stress sur ces paramètres.

Etapes successives et avancement des travaux

Etude chez le volontaire sain : 24 H et F en 2 groupes parallèles, randomisés en double aveugle contre placebo, soumis à 3 explorations identiques (durée : 510 minutes). Les 2ères à 8 jours d’intervalle, la 3ème 21 jours après la 2ème.

  • Test de l’effet d’un stress psychologique de 30 min appliqué 2 fois au cours d’une charge orale de glucose (1g/kg) vs. pas de stress (explorations 1 et 2, concernant tous les sujets)
  • Test, sur un seul groupe, de l’effet de 21 jours de supplémentation par huile de poisson (HP), comparativement au groupe placebo (huile de paraffine)

Exploration par mesure des débits plasmatiques de glucose (traceur : glucose deutéré), de la lipolyse totale (traceur : glycérol deutéré), de l’oxydation des substrats (calorimétrie), à l’état basal puis 6h après ingestion de 1g/kg de glucose naturellement enrichi en 13C (maïs), permettant de quantifier le débit de glucose exogène. Mesure régulière des paramètres de l’activation sympathique (pression artérielle, fréquence cardiaque et index cardiaque).

Début du projet, janvier 2007.

Conclusions et perspectives

Apport d’informations nouvelles concernant l’interaction stress-repas sur le métabolisme intermédiaire. La modulation attendue de ces effets par les oméga3 marins peut contribuer, à terme, à recommander des apports supérieurs en aliments naturellement riches en oméga 3, chez les sujets prédisposés au syndrome métabolique, au diabète de type 2 et / ou à haut risque cardiovasculaire (affections favorisées en partie par le stress chronique).