Prix Projets de recherche Différences socio-économiques dans les pratiques alimentaires après une chirurgie de l'obésité : approche sociologique par monographies familiales et regard spécifique sur les représentations et la consommation de glucides

Année 2012
Auteur Katia Lurbe-Puerto
Centre de recherche Institut Français de l'Education, GT Education à la Santé, ENS Lyon
Thème Obésité
Type Projets de recherche

La chirurgie bariatrique connaît aujourd’hui un essor considérable étant donné l'incidence croissante de l'obésité morbide et son efficacité en termes de perte de poids et d'amélioration des comorbidités chez les patients atteints d'obésité morbide. En France, 85% des personnes opérées sont des femmes, ce qui renvoie à une construction de l’image corporelle de soi différenciée selon le genre. L’étude SoCiOb met en œuvre un partenariat entre une équipe de sciences sociales de l’IFé, ENS-Lyon avec deux services hospitalo-universitaires : l’unité de Nutrition (Pr Czernichow) et le service de Chirurgie digestive, oncologique et métabolique (Pr Bouillot) au CHU Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt.

SoCiOb vise à identifier les changements dans les représentations et les comportements alimentaires et la qualité de vie des personnes opérées et de leur famille proche (conjoint, parents, adolescents). Il met en place une analyse des différences de genre, celles-ci mises en rapport avec les conditions socio-économiques et les rapports intergénérationnels de la population ciblée. Une attention particulière est portée à l’évolution de la consommation des différents types de glucides pendant la période allant de l’avant-dernier mois préopératoire jusqu’à la fin du douzième mois postopératoire (période de stabilisation), tant des patients opérés que des membres de leur famille.

Objectif

Cette recherche vise à tester deux hypothèses :

  • la chirurgie bariatrique (sleeve gastrectomie ou by-pass gastrique) a un impact bénéfique durable sur les pratiques alimentaires des personnes opérées et sur celles des membres de leur famille proche.
  • la perte d’IMC est satisfaisante tant du point de vue médical que de celui de la personne opérée selon le degré de « capacité de santé alimentaire » des personnes opérées. Elle a pour objectif principal celui d’identifier les changements et les invariants dans les représentations et les comportements alimentaires des personnes opérées et de leur famille proche, en prêtant une attention spécifique aux glucides. Les différences de genre seront analysées et mises en rapport avec les conditions socio-économiques et les rapports intergénérationnels. Comme objectifs secondaires, elle vise à comprendre l’expérience post-chirurgie, en adoptant un regard centré sur les effets d’amélioration de la qualité de vie de la personne opérée et des membres de sa famille. Elle se propose également d’analyser l’applicabilité dans la vie réelle des messages donnés en consultation au cours de la prise en charge médicale et de l’accompagnement et soins familiaux des patients.

Etapes successives et avancement des travaux

Cette étude réalise une triangulation de méthodes quantitatives et qualitatives.

Le volet d’épidémiologie sociale de la nutrition consiste en la passation de 100 questionnaires à t=2 mois préopératoire et 3, 6, 9 et 12 mois postopératoires auprès de patients et, des mêmes questionnaires à t=2 mois préopératoire, 3 et 12 mois postopératoire chez des membres de leur famille.

Le volet qualitatif se compose d’une ethnographie du groupe ouvert de patients opérés et ceux en demande de chirurgie et des groupes d’éducation thérapeutique pour la diététique; du suivi ethnographique (12 à 18 mois) de 8 unités familiales, distinctes selon leurs conditions socio-économiques et l’évolution du poids du patient et, finalement, une série de focus groups portant sur :

  • l’expérience de l’intervention,
  • les pratiques alimentaires et
  • la prise en charge médicale et autres soins.

Les résultats de SoCiOb contribueront à comprendre l’applicabilité dans la vie réelle des messages donnés au cours de la prise en charge des patients opérés, ce qui permettra d’ajuster l’intervention médicale, en alliance avec la personne concernée et son aidant familial.