Prix Jean Trémolières Approche psychosomatique, clinique et thérapeutique des diabétiques insulino-dépendants

Année 1986
Auteur Dr Patrice Mathieu
Centre de recherche Université Pierre et Marie Curie - Paris VI - Faculté de Médecine Broussais-Hôtel-Dieu
Thème Psychiatrie
Type Jean Trémolières

Type de document

Mémoire pour le CES de psychiatrie

Responsable de thèse

Pr Philippe Jeammet

 

La prise en charge psychothérapique des patients diabétiques doit être réservée à des patients particulièrement engagés dans un mouvement de désorganisation important pouvant rapidement mettre en jeu le pronostic vital, ou bien dans le cas de patients éprouvés par l’abandon. Mais le recours à la dimension psychique de ce type de maladie ne doit pas être enfermé dans un carcan pesant, fermé, et, risquant d’être stérile. Le travail du psychiatre dans le groupe, dans l’équipe soignante, le travail « institutionnel » et la dynamique de groupe dans l’éducation sont autant de facteurs complémentaires destinés à améliorer à la fois la qualité des soins et la lutte contre le déséquilibre métabolique. Le rôle du psychiatre consiste aussi, sans pour autant s’immiscer dans la technique diabétologique, à permettre des réflexions sur certains effets néfastes du traitement diabétologique ; des contre-indications ou des interrogations peuvent être posées dans le cadre de cette collaboration. La responsabilisation du médecin dans son rôle de soignant peut aussi devenir une préoccupation du psychiatre dans le cadre du travail à l’hôpital général. Sur le point précis de l’intervention psychologique en diabétologie, ce phénomène est beaucoup plus important. Là plus qu’ailleurs, il semble fondamental de réintroduire la dimension soignante du médecin. Celui-ci n’est pas seulement un technicien expérimenté des soins métaboliques, mais beaucoup plus un garant de l’intégrité corporelle. Par ses consignes vitales fondées sur les fonctions essentielles du corps, il est plus que tout autre dans un rôle de substitut maternel. Les recherches seront poursuivies pour tenter de voir – pour les diabétiques de type II (diabète non insulino-dépendant) résistant au traitement – s’il ne serait pas possible que les difficultés thérapeutiques soient en rapport avec une réponse inadaptée au primum movens – primum movens qui pourrait être un conflit. La réponse, stéréotypée, pérenniserait un mode relationnel de type opératoire.