Prix Jean Trémolières Adaptation à la malnutrition dans les sociétés en transition nutritionnelle. Etude des déterminants biologiques, sociaux et culturels du développement du surpoids chez les enfants en retard de croissance à Yaounde (Cameroun)

Année 2011
Auteur Rihlat Saïd Mohamed
Centre de recherche UMR 7206 "Eco-Anthropologie et Ethnobiologie" (département Hommes Natures Sociétés du Musée National d'Histoire Naturelle)
Thème Anthropologie de l'alimentation
Type Jean Trémolières

Type de document

Thèse de Doctorat en anthropologie biologique

Comment l'anthropologie éclaire la transition nutritionnelle ?

La prévalence de l’obésité augmente dans les pays en développement alors que persistent les malnutritions par carences. Ces deux formes de malnutrition sont parfois cumulées par un individu. En effet, dans ces pays, certains enfants sont à la fois en retard de croissance et en surpoids.

L’hypothèse du phénotype économe, proposée par Hales et Barker (2001), pourrait expliquer cet état nutritionnel. Des contraintes nutritionnelles, affectant le développement fœtal et néonatal, induiraient, en sollicitant la plasticité phénotypique, des ajustements métaboliques, physiologiques et endocriniens. Ils impliqueraient un ralentissement de la croissance et favoriseraient une accumulation de la masse grasse. Cette gestion parcimonieuse de l’énergie disponible favoriserait la survie de l’individu à des conditions de malnutrition fœtal et postnatal. Toutefois, si les contraintes environnementales sont levées, par une augmentation des apports énergétiques durant la vie postnatale, ces ajustements fœtaux et néonataux pourraient s’avérer délétères et augmenter le risque pour l’individu de développer de l’obésité et des maladies chroniques à l’âge adulte.La diminution de l’oxydation des lipides, de la dépense énergétique et du niveau d’activité physique serait parmi les mécanismes induits par ces ajustements précoces à la malnutrition. Dans les pays en développement où la transition nutritionnelle (augmentation des apports énergétiques et diminution de l’activité physique) est en cours ils augmenteraient le risque pour les enfants en retard de croissance (malnutris) de développer du surpoids. En outre, certains facteurs sociaux et culturels contribueraient à augmenter ce risque. Cette étude se propose d’explorer ces hypothèses chez des enfants d’âge préscolaire cumulant retard de croissance et surpoids vivant à Yaoundé au Cameroun.

Mots-clés : croissance - composition corporelle - adaptabilité - phénotype économe - activité physique - métabolisme - facteurs sociaux - facteurs culturels