L'Institut Le Philanthrope

Probablement encouragé par ses convictions religieuses ou bien influencé par les modèles de son enfance que sont Benjamin Franklin et Jean-Jacques Rousseau, c'est en bonne partie pour son activité philanthropique que Benjamin Delessert est resté connu.
De même que certaines personnalités de l'époque telles que de La Rochefoucault-Liancourt, Mathieu de Montmorency ou bien Dupont de Nemours, la famille Delessert fait partie de ces grandes familles qui dépensaient dans les institutions de bienfaisance ce qu'elles gagnaient par le commerce.

Face aux difficultés des industriels et devant la misère des ouvriers, il s'est en effet inquiété des problèmes sociaux ; il participe ainsi en 1801 à deux fondations charitables :

  • Avec de Candolle, ils fondent la Société d'Encouragement pour l'Industrie. Laquelle proposait des fournitures aux jeunes manufactures, pouvait aider les industriels en détresse par des avances et visait surtout à encourager les perfectionnements de fabrication par des prix généreux.
  • Toujours en compagnie de son ami, il crée la Société Philanthropique regroupant les sociétés de secours mutuel organisées par les ouvriers et les soupes populaires pour lesquelles il fait venir et fabriquer à ses frais la machine de Rumford. Le nombre des rations alimentaires passent alors de 20 000 à 1 500 000 en trois ans.


Bien que ces deux sociétés sont les principales qui soient restées attachées à son nom, Benjamin Delessert s'est par la suite investi à tous les niveaux de la vie sociale pour accomplir ses " bonnes œuvres ", dans ces différents domaines notamment :

  • Pour le développement de l'instruction, il est membre en 1815 de la Société pour l'enseignement élémentaire, et pour l'enseignement technique, il est vice-président du conseil d'administration et de perfectionnement de l'école industrielle en 1817. Concernant l'essor de l'industrie, il est en parallèle membre du conseil bénévole pour les progrès de l'industrie et des établissements en 1815 et du conseil de perfectionnement du conservatoire des Arts et Métiers en 1819.
  • Il participe également à diverses institutions émanant directement de l'Etat. En matière de santé publique, il est nommé dés 1801, suite au désordre des établissements hospitaliers durant la Révolution, au Conseil Général des Hospices, au sein duquel il exercera une fonction jusqu'à sa mort. Et, concernant le sort des détenus en 1819, il est membre du conseil général de la société royale pour l'amélioration des prisons.
  • Sur le plan politique, durant ses deux mandats de député sous la deuxième Restauration et sous la monarchie de Juillet, il propose l'abolition de la peine de mort de même que la suppression de la loterie royale et des jeux publics. Il encourage par ailleurs la construction des routes, canaux, monuments pour donner du travail et faire circuler les capitaux. D'un autre côté, s'il concevait les soupes populaires comme une solution nécessaire aux disettes et famines de l'époque, il adopte vis-à-vis de la mendicité une attitude beaucoup plus sévère en s'opposant, dans un projet de 1807, aux dépôts de mendicité et en préconisant des maisons de travail.
  • Enfin, il est également membre de la compagnie royale d'assurance, en compagnie des financiers avec qui il créa en 1818 la Caisse d'Epargne et de Prévoyance, fondation dont il restera le plus fier. Selon lui, " Les Caisses d'Epargne préviennent la détresse, la misère et la pauvreté […]. Un livret est un certificat de bonne conduite, c'est un passeport délivré au travail et à l'économie ". Aussi, en 1845, deux ans avant sa mort, il existe en France 350 Caisses d'Epargne.